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De ço qui calt ?

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De ço qui calt? Full Post View | List View

Comme bien d'autres citoyens, je m'inquiète de l'évolution des institutions. L'aube d'un nouveau Moyen-Age?

Après les présidentielles françaises, mine de rien, l’ « Europe militaire » (4)

 
Nicolas Sarkozy continue à agir dans le plus grand silence, mais très vite, par rapport au Traité européen en cours de ratification. Les médias ne se bousculent pas pour commenter ces opérations législatives, pourtant de la plus grande importance. Encore moins, pour analyser en détail le contenu du nouveau Traité. Le Parlement « fait passer en séance » tout aussi rapidement, sans émettre aucune réelle critique, la loi constitutionnelle qui rendra définitive la signature apposée le 13 décembre par Sarkozy, Fillon et Kouchner. L’Assemblée Nationale a déjà approuvé cette loi, et le Sénat devrait le faire les 29 et 30 janvier. Pas question d’un référendum et, dans l’ensemble, tout débat sur les conséquences du Traité paraît proscrit. On en entendra suffisamment parler après la ratification... Notamment, en ce qui concerne l’Europe militaire et ses conséquences politiques, économiques et sociales.

 
Suite de mes articles des 25 mars (1), 8 avril (2) et 24 juin. Voir également les articles récents sur mon blog.

 
Le 16 janvier, l’actuel Ministre de la Défense Hervé Morin a déclaré à l’occasion des vœux du Nouveau Centre :

« Il y a presque soixante ans, en octobre 1950, René Pleven exposait l’idée d’une armée européenne unifiée (...). Même s’il ne s’agit plus de construire une armée européenne comme on l’entendait à l’époque, cette volonté, cette imagination et cette foi, nous les avons. Vouloir construire l’Europe de la défense, ce n’est même pas une conviction personnelle, c’est une affirmation tirée du seul pragmatisme : il s’agit de prendre en compte les intérêts de notre continent, et notamment l’enjeu de la stabilité régionale au voisinage d’une UE qui compte plus de 450 millions d’habitants et dont le PIB pèse le quart de la production mondiale. Quand on a créé des intérêts communs, on a besoin de les défendre en commun. Et nous avons aussi à défendre une communauté de valeurs, un modèle de société, un patrimoine immatériel.

Construire l’Europe de la défense, c’est s’identifier, c’est prendre conscience de l’existence de l’Europe et de ce que nous sommes nous-mêmes en tant qu’Européens.

Comment peut-on affirmer un destin commun et ne pas construire l’appareil qui assume sa protection, c’est-à-dire l’Europe de la défense ? Et ce n’est pas le construire contre l’OTAN mais en complémentarité avec l’OTAN.

(...)

On a défini l’Europe comme un espace de paix défini par le droit. C’est une conception que nous pouvons porter en dehors de nos frontières, en Afrique notamment. C’est tout le sens de la mise sur pied d’EUFOR Tchad, qui se déploiera dans quelques semaines.

L’Europe est une "école de paix et de stabilité", avait dit un chef d’Etat européen. Voilà ce que nous devons construire. Voilà un moyen - l’Europe de la Défense - de faire progresser la conscience et l’identité européenne. »

(fin de citation)

Un langage qui ressemble étrangement aux discours brandis depuis un siècle par la « classe politique » des Etats-Unis pour justifier la politique d’hégémonisme militaire de cette puissance, mais aussi un contrôle politique « interne » de la population. Ce que Morin appelle la « conception d'un espace de paix » atlantiste « que nous pouvons porter en dehors de nos frontières, en Afrique notamment », ressemble comme deux gouttes d'eau à la Pax americana qui a été le pilier de la domination capitaliste et impérialiste dans le monde au cours des décennies récentes. Représentant les mêmes intérêts, la superpuissance Européenne aidera la superpuissance US en difficulté à poursuivre cette entreprise.

C'est là que réside le véritable problème de fond, et pas dans la prétendue « question » de savoir si le nouveau Traité que l'on impose aux populations des Etats membres de l'Union Européenne est un « bon » ou un « mauvais » traité. Ce type de faux débat escamote la question centrale de la nature capitaliste et impérialiste de l'Union Européenne en tant que méga-puissance, quelles que soient les apparences des textes adoptés. Même avec un traité annonçant monts et merveilles, le caractère de classe d’un super-Etat européen doté de moyens d’oppression sans précédent au service du grand capital financier serait resté la seule donnée réelle. Mais de surcroît, il s'avère, comme il fallait s'y attendre, que le nouveau Traité est pour l'essentiel le même que celui qui avait été rejeté en 2005, avec une présentation différente beaucoup plus opaque sur laquelle les médias évitent le débat. Il ne faut pas réveiller le peuple, s'il existe le « danger » qu'il ne se laisse pas embobiner. Pas seulement en France, mais aussi dans d’autres pays européens comme la Grande Bretagne où la « méthode Sarkozy » est appliquée au même moment par le « travailliste » Gordon Brown.

La une de l'Express du 24 janvier est consacrée à Carla Bruni. Celle du Point du même jour, aux Francs-Maçons. Celle du Nouvel Observateur, aux « sarkophobes ». La Tribune semble considérer que le Traité européen dit « simplifié » n’est plus un sujet de débat. Marianne du 26 janvier évoque la « débâcle du capitalisme financier », suite à laquelle « l’Europe et l’Asie paieront pour l’Amérique » ; comme s’il n’y avait pas d’oligarchie financière dans le continent européen, et comme si cette oligarchie européenne n’était pas un « usager historique » de la puissance militaire de l’Etat US… Le 27 janvier, le Journal du Dimanche et le Parisien ont tout simplement ignoré la question du Traité. Enfin, l’Humanité du 25 janvier fait état d’un appel des « partisans d’un référendum ». Malheureusement, cet appel ressemble étrangement au coup de la manif de consolation post mortem que l’on a déjà vu en juillet dernier à l’occasion de l’avalanche de mesures antisociales du gouvernement Fillon votées alors par le Parlement sans aucun réel examen. Se rassembler le 2 février et manifester le 4 février pour « mettre en garde » contre un « déni de démocratie », alors que l’Assemblée Nationale et le Sénat auront déjà entériné en première lecture la loi constitutionnelle opérant la ratification du Traité et que les carottes seront bien cuites, paraît pour le moins très tardif. A nouveau, il semble surtout s’agir de promener un peu les militants mécontents afin qu’ils ne rendent pas leurs cartes et qu’ils participent malgré tout à la campagne pour les élections municipales.

Au même moment, le site du « think tank » Confrontations Europe se montre beaucoup plus bavard et « dynamique » en la matière. Dans des cercles « transversaux » comme celui-ci, on s’exprime beaucoup plus clairement. Philippe Herzog s’en donne à cœur joie avec un éditorial intitulé : « Un nouvel acte unique – Pour une mutation du modèle économique et social européen » qui commence par la « petite phrase » fort parlante : « Après le Traité de Lisbonne… ». Le site de Confrontations Europe est plein d’annonces de réunions et séminaires aux titres croustillants qui incorporent souvent l’expression « intérêt européen ». On remarquera, notamment, le « dialogue » entre Confrontations Europe et le MEDEF, avec une réunion intitulée : « C’est l’Europe que je préfère. De la préférence communautaire à l’intérêt européen ». Ou encore ce colloque : « La renaissance du nucléaire, un enjeu pour la Communauté européenne » dont l’esprit paraît proche de celui du rapport de l’ancien directeur de la CIA (sous Bill Clinton) John Deutch à la réunion annuelle de la Commission Trilatérale à Bruxelles en mars 2007. Or, Deutch considère l’énergie nucléaire incontournable pour faire face aux problèmes écologiques dans un contexte de développement économique à l’échelle planétaire. Il en arrive ainsi à présenter les notions d’énergie et de « sécurité » (lire, contrôle de la planète) comme indétachables. Compte tenu des difficultés rencontrées actuellement par la superpuissance US, une telle analyse conduit forcément les « éminences grises » de l’impérialisme à réclamer la mise en place accélérée de l’Europe militaire. Qui en parle devant la grande majorité des Français, qui les prévient des conséquences du Traité dit « simplifie » dans ce domaine ?

L’information sur ces questions a peu circulé, mais les politiques savent très bien que le « nouveau » Traité prévoit d’ajouter au Traité sur l’Union Européenne une Section complète intitulée « Dispositions concernant la politique de sécurité et de défense commune » qui commence ainsi : « La politique de sécurité et de défense commune fait partie intégrante de la politique étrangère et de sécurité commune. Elle assure à l'Union une capacité opérationnelle s'appuyant sur des moyens civils et militaires. L'Union peut y avoir recours dans des missions en dehors de l'Union afin d'assurer le maintien de la paix, la prévention des conflits et le renforcement de la sécurité internationale conformément aux principes de la charte des Nations unies. L'exécution de ces tâches repose sur les capacités fournies par les États membres » , suivi de : « La politique de sécurité et de défense commune inclut la définition progressive d'une politique de défense commune de l'Union. Elle conduira à une défense commune, dès lors que le Conseil européen, statuant à l'unanimité, en aura décidé ainsi. Il recommande, dans ce cas, aux États membres d'adopter une décision dans ce sens conformément à leurs règles constitutionnelles respectives », etc... Ce n’est qu’un échantillon d’une longue série de dispositions dont les citoyens n’ont pas été informés et sur lesquelles leur avis n’a jamais été demandé, si ce n’est lorsqu’ils ont rejeté le Traité Constitutionnel soumis à référendum en 2005.

En réalité, les médias et le monde politique se comportent comme si le « nouveau » Traité européen avait déjà été ratifié. On évoque, par exemple, la première « présidence stable du Conseil européen prévue par le traité de Lisbonne » à partir de janvier 2009. Mais en même temps, le message adressé à la population semble être : « le moins vous y penserez, le mieux vous vous porterez ». Ou encore : « de toute façon, ça va se faire et vous n’y pouvez rien ». Autrement dit, cette fois-ci « ça presse » et l’oligarchie y tient vraiment ; alors, fini les « bavardages »…

Au Sénat, le rapporteur Patrice Gelard recommande, au nom de la Commission des Lois, d'adopter le projet de loi constitutionnelle « sans modification, dans l'attente d'un renforcement des procédures d'intervention du Parlement à l'occasion de la réforme des institutions». Alors que, précisément, le « nouveau » Traité européen constituera un pas décisif vers la mise en place d'un Etat continental qui ne laissera guère de « moyens d'intervention » au Parlement français sur des questions stratégiques. On dirait que, de nos jours, on peut se permettre de tout écrire à condition d’aller « dans le bon sens ». En l’espèce c’est sans guère de risque, car sur le fond, le Nouveau Centre, la direction du Parti Socialiste ou encore le MODEM de François Bayrou, soutiennent le « nouveau » Traité. Et à l’approche des municipales, un secteur important de la « gauche de la gauche » et de la « gauche toute » se rapprochera du Parti Socialiste. Le système politique français est, somme toute, très bien verrouillé malgré les étiquettes, les apparences et les déclarations que l’on voit passer à certaines occasions.

Qui financera l’Europe militaire, qui en fournira les soldats ? Encore un débat étouffé. Mais l’atlantisme de la « politique de défense commune » européenne est étalé au grand jour, de même que le « rapprochement » Sarkozy - Bush et les rumeurs persistantes sur une éventuelle crise économique ou sur une crise de « surendettement » qui risquent de se solder par une spoliation générale des « petits citoyens » et par un appauvrissement général des populations.

Il y aura de toute évidence des leçons à tirer de ce manque de représentativité évident de la part du monde politique et de ceux qui gravitent autour d’un milieu manifestement très éloigné des citoyens. Mais dans l’immédiat, il est indispensable d’informer la population des dangers réels et de se mobiliser d’urgence pour empêcher l’adoption définitive du Traité européen dit « simplifié ».

 
De ço qui calt ?
quicalt@yahoo.fr
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Sunday January 27, 2008 - 10:23pm (CET) Permanent Link | 0 Comments
Sarkozy, opium du peuple version 2008

 

(version actualisée de l'article précédent)

 
L'intox médiatique autour de la personne du Président français Nicolas Sarkozy joue un rôle important dans l'actuelle campagne de désinformation et de démobilisation, alors que le Parlement a entrepris d'entériner très rapidement et sans consultation populaire le nouveau Traité Européen. Mais, de surcroît, le discours de Sarkozy sur Dieu, les « racines chrétiennes », la « civilisation »... met en évidence une orientation politique qui se décide dans des cercles auxquels les citoyens ne sont pas invités. S’agit-il de la recherche d’une base idéologique afin de justifier l’euronationalisme et l’Europe militaire, des sujets que l’on aborde d’une manière tout aussi opaque ?

 
Nicolas Sarkozy et Carla Bruni se seraient-ils mariés ? Carla Bruni serait-elle enceinte ? Et Cécilia ? Sarkozy serait-il « pingre et sauteur » ? Etc... Même lorsque le sujet évoqué est politique, l’information dérape vite vers des considérations sur la personnalité ou les relations personnelles du nouveau Président de la République Française. Avec, souvent, une véritable « tintinisation » médiatique des déplacements de Sarkozy à l’étranger. Ce « nouveau style d’information » permet d’étouffer tous les débats de fond, pendant qu’on fait passer brutalement et sans référendum la loi nécessaire à l’adoption du nouveau Traité Européen. Plus une véritable avalanche de mesures antisociales, votées depuis juillet dernier et mises progressivement en exécution.

 
Je commentais dans un article du 16 janvier le sacre de Nicolas Sarkozy en tant que caganer (chieur) des crèches de Noël catalanes. Ce n’est pas la publicité tous azimuts qui manque au nouveau Président de la République Française, par l’intermédiaire d’un énorme amalgame d’informations de toutes sortes. Et, pendant qu’on discute en longueur de journée sur les personnes de Nicolas Sarkozy et de ses proches, on parle beaucoup moins de la politique antipopulaire développée depuis mai dernier par la Présidence de la République, le Gouvernement et le Parlement.

Par exemple, voici une déclaration de Nicolas Sarkozy qui, normalement, aurait dû susciter d’énormes vagues. Mais à présent, elle semble passer sans trop de remous. En visite à Riyad, devant les membres du Conseil consultatif saoudien, le Président de la République Française, théoriquement laïque, a loué le :

« Dieu transcendant qui est dans la pensée et dans le cœur de chaque homme.

Dieu qui n’asservit pas l’homme mais qui le libère.

Dieu qui est le rempart contre l’orgueil démesuré et la folie des hommes.

Dieu qui par-delà toutes les différences ne cesse de délivrer à tous les hommes un message d’humilité et d’amour, un message de paix et de fraternité, un message de tolérance et de respect. »

(fin de citation)

Rien de moins, mais les réactions restent très « bienséantes » et de « service minimum ». Sarkozy, qui déjà en décembre dernier avait évoqué les « racines chrétiennes » de la France, est également revenu à la charge avec son discours sur la « politique de civilisation », en déclarant cette fois-ci :

« La politique de civilisation, c’est ce que fait l’Arabie Saoudite sous l’impulsion de sa majesté le roi Abdallah, c’est ce que font tous ceux qui s’efforcent de concilier le progrès et la tradition, de faire la synthèse entre l’identité profonde de l’Islam et la moderniser sans choquer la conscience des croyants ».

L’affirmation d’après laquelle les « racines de la France » seraient « essentiellement chrétiennes » s’écarte de tout consensus républicain. Elle correspond aux thèses traditionnelles de la droite cléricale. Quant au discours tenu par Sarkozy à Riyad, il se trouve pour l’essentiel en phase avec la politique étrangère de George Bush. Mais dans les deux cas, ce type de déclarations pourraient bien préfigurer, du moins en partie, l’idéologie de base de la politique impérialiste de la future méga-puissance européenne.

 
De même, combien de Français savent vraiment qu’avec le nouveau Traité l’Union Européenne « bénéficiera », si j’ose dire, d’une « présidence stable » du Conseil Européen ? Or, Nicolas Sarkozy semble déjà rechercher un candidat à cette « présidence stable » en la personne de l’impérialiste de choc Tony Blair, « vétéran » des pires aventures militaires mais que le Président français qualifie de « grand d’Europe ». La stratégie de mise en place de l’Europe militaire (voir mes articles des 26 mars, 8 avril et 24 juin derniers) suit donc son cours, pendant qu’on nous submerge de rumeurs et d’anecdotes sur Carla, Cécilia ou les voyages animés du Président.

On ne parle guère, non plus, du rejet explicite, par l’Assemblée Nationale française, d’une proposition de loi constitutionnelle tendant à ce que la ratification d'un traité contenant des dispositions similaires à celles d'un traité rejeté fasse l'objet de consultation et soit soumis à référendum. Les députés ont ainsi confirmé les prises de position de Nicolas Sarkozy et de Bernard Accoyer évoquées dans mon article du 4 novembre. Autrement dit, si les citoyens risquent de « mal voter », mieux vaut ne pas les consulter.

Le contenu du Traité de Lisbonne reste pour l’essentiel inconnu de la grande majorité de la population, mais Nicolas Sarkozy craint l’éventuel résultat d’un référendum sur ce Traité et refuse d’y recourir. Evitant tout débat de fond, notamment sur les implications réelles du Traité, il semble être prévu que, suite à la décision du Conseil Constitutionnel du 20 décembre, le Parlement français approuve définitivement début février, très vite, la révision de la Constitution française nécessaire à la ratification du Traité. Un Congrès (Assemblée Nationale + Sénat) devrait, semble-t-il, expédier l’affaire la semaine du 4 février. Ce qui nous attend après, on ne nous en parle guère.

Parallèlement, le contrat de travail du droit français risque de disparaître bientôt pour laisser la place à la « flexisécurité ». Une notion importée, précisément, de l’Union Européenne et défendue par les euronomenklaturas. Ce n’est qu’une illustration des très nombreuses mesures de démolition d’acquis sociaux qui « passent » en ce moment sans guère de bruit. Mais cette offensive n’a-t-elle pas une logique, si on pense par exemple au coût prévisible de l’Europe militaire ? La « transversalité » aidant à atteindre les « larges consensus » et, surtout, à démobiliser la contestation.

En somme, les péripéties diverses de Monsieur le Président, si banales soient-elles, sont utilisées par les grands médias pour administrer aux citoyens des doses d’éléphant d’intox quotidienne. Du véritable opium concentré, alors que l’avalanche de faits accomplis politiques et antisociaux va aussi vite que le déluge médiatique qui masque ces faits accomplis et en détourne l’attention de la population.

 
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Friday January 18, 2008 - 10:47am (CET) Permanent Link | 0 Comments
France, Europe : Sarkozy, opium du peuple

 
Le rôle de l'intox médiatique autour de la personne du Président français Nicolas Sarkozy dans l'actuelle campagne de désinformation et de démobilisation, alors que le Parlement a entrepris d'entériner très rapidement et sans consultation populaire le nouveau Traité Européen.

 
Nicolas Sarkozy et Carla Bruni se seraient-ils mariés ? Carla Bruni serait-elle enceinte ? Et Cécilia ? Sarkozy serait-il « pingre et sauteur » ? Etc... Même lorsque le sujet évoqué est politique, l’information dérape vite vers des considérations sur la personnalité ou les relations personnelles du nouveau Président de la République Française. Avec, souvent, une véritable « tintinisation » médiatique des déplacements de Sarkozy à l’étranger. Ce « nouveau style d’information » permet d’étouffer tous les débats de fond, pendant qu’on fait passer brutalement et sans référendum la loi nécessaire à l’adoption du nouveau Traité Européen. Plus une véritable avalanche de mesures antisociales, votées depuis juillet dernier et mises progressivement en exécution.

 
Je commentais dans un article du 16 janvier le sacre de Nicolas Sarkozy en tant que caganer (chieur) des crèches de Noël catalanes. Ce n’est pas la publicité tous azimuts qui manque au nouveau Président de la République Française, par l’intermédiaire d’un énorme amalgame d’informations de toutes sortes. Et, pendant qu’on discute en longueur de journée sur les personnes de Nicolas Sarkozy et de ses proches, on parle beaucoup moins de la politique antipopulaire développée depuis mai dernier par la Présidence de la République, le Gouvernement et le Parlement.

Par exemple, voici une déclaration de Nicolas Sarkozy qui, normalement, aurait dû susciter d’énormes vagues. Mais à présent, elle semble passer sans trop de remous. En visite à Riyad, devant les membres du Conseil consultatif saoudien, le Président de la République Française, théoriquement laïque, a loué le :

« Dieu transcendant qui est dans la pensée et dans le cœur de chaque homme.

Dieu qui n’asservit pas l’homme mais qui le libère.

Dieu qui est le rempart contre l’orgueil démesuré et la folie des hommes.

Dieu qui par-delà toutes les différences ne cesse de délivrer à tous les hommes un message d’humilité et d’amour, un message de paix et de fraternité, un message de tolérance et de respect. »

(fin de citation)

Rien de moins, mais les réactions restent très « bienséantes » et de « service minimum ». Sarkozy, qui déjà en décembre dernier avait évoqué les « racines chrétiennes » de la France, est également revenu à la charge avec son discours sur la « politique de civilisation », en déclarant cette fois-ci :

« La politique de civilisation, c’est ce que fait l’Arabie Saoudite sous l’impulsion de sa majesté le roi Abdallah, c’est ce que font tous ceux qui s’efforcent de concilier le progrès et la tradition, de faire la synthèse entre l’identité profonde de l’Islam et la moderniser sans choquer la conscience des croyants ».

 
De même, combien de Français savent vraiment qu’avec le nouveau Traité l’Union Européenne « bénéficiera », si j’ose dire, d’une « présidence stable » du Conseil Européen ? Or, Nicolas Sarkozy semble déjà rechercher un candidat à cette « présidence stable » en la personne de l’impérialiste de choc Tony Blair, « vétéran » des pires aventures militaires mais que le Président français qualifie de « grand d’Europe ». Pendant qu’on nous submerge de rumeurs et d’anecdotes sur Carla, Cécilia ou les voyages animés du Président.

On ne parle guère, non plus, du rejet explicite, par l’Assemblée Nationale française, d’une proposition de loi constitutionnelle tendant à ce que la ratification d'un traité contenant des dispositions similaires à celles d'un traité rejeté fasse l'objet de consultation et soit soumis à référendum. Les députés ont ainsi confirmé les prises de position de Nicolas Sarkozy et de Bernard Accoyer évoquées dans mon article du 4 novembre. Autrement dit, si les citoyens risquent de « mal voter », mieux vaut ne pas les consulter.

Alors que le contenu du Traité de Lisbonne reste pour l’essentiel inconnu de la grande majorité de la population, il semble être prévu que, suite à la décision du Conseil Constitutionnel du 20 décembre, le Parlement français approuve définitivement début février, très vite, la révision de la Constitution française nécessaire à la ratification de ce Traité. Un Congrès (Assemblée Nationale + Sénat) devrait, semble-t-il, expédier l’affaire la semaine du 4 février.

Parallèlement, le contrat de travail du droit français risque de disparaître bientôt pour laisser la place à la « flexisécurité ». Une notion importée, précisément, de l’Union Européenne et défendue par les euronomenklaturas. Ce n’est qu’une illustration des très nombreuses mesures de démolition d’acquis sociaux qui « passent » en ce moment sans guère de bruit. La « transversalité » aidant à atteindre les « larges consensus » et, surtout, à démobiliser la contestation.

En somme, les péripéties diverses de Monsieur le Président, si banales soient-elles, sont utilisées par les grands médias pour administrer aux citoyens des doses d’éléphant d’intox quotidienne. Du véritable opium concentré, alors que l’avalanche de faits accomplis politiques et antisociaux va aussi vite que le déluge médiatique qui masque ces faits accomplis et en détourne l’attention de la population.

 
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Thursday January 17, 2008 - 12:23pm (CET) Permanent Link | 0 Comments
Histoires de Sarkozy, de caganers et de cagaires (bis)

 
Le matraquage médiatique au service d'une stratégie destinée à détourner notre attention des vrais problèmes.

 
Nicolas Sarkozy a été sacré caganer (chieur) par une entreprise artisanale catalane, à l’occasion des Fêtes de Noël et du Nouvel An. Le caganer, figure traditionnelle des crèches catalanes, nous apporte encore un symbole de la fibre que l’on appelle couramment « people » de la nouvelle Présidence de la République Française. Ce « nouveau style », avec un cocktail d’affaires « diverses » jusqu’à la surmédiatisation autour de l’ex-épouse du Président Cécilia ou de Carla Bruni, contribue fort efficacement à étouffer le débat sur les véritables enjeux stratégiques dont dépend l’avenir des Français. A commencer par le nouveau Traité européen, que l’on cherche à faire passer sans référendum et sans aucune discussion transparente de son contenu.

 
Je ne vous dirai pas quelle a été ma réaction à la lecture d’une dépêche récente diffusée par Cyberpresse, ainsi que par La Presse et par Le Soleil, intitulée :« Les confidences de Cécilia Sarkozy étalées au grand jour ». Le catalan qu’était Isaac Albéniz n’aurait pas manqué de remarquer la portée involontaire de ce lapsus qui désigne l’ancienne épouse de Nicolas Sarkozy par le nom de « Cécilia Caganer-Albeniz ». Quelques semaines plus tôt, l’actuel Président français avait eu droit à une notoriété inattendue dans les crèches de Noël catalanes, en tant que caganer.

Le mot catalan caganer désigne, dans le langage courant, celui qui chie souvent. Il dérive du verbe occitan – catalan – castillan – galicien – portugais cagar, provenant à son tour du latin cacare (caco, cacas, cacare, cacavi, cacatum). Un mot catalan – occitan proche est cagaire, par lequel on désigne dans les Baléares une variété de corbeaux marins (cormorans). Ce dernier symbole pourrait fort bien convenir à la sarko-agitation et à la sarko-médiatisation auxquelles on assiste depuis quelques mois et qui, en tout cas objectivement, ressemblent fort bien à une opération de brouillage qui dévore littéralement les médias.

Pendant qu’on parle des « affaires diverses » de Nicolas Sarkozy, on oublie trop souvent de discuter de la politique du Président de la République. Et à supposer que l’Elysée n’y soit pour rien, force est de constater qu’il ne semble rien faire pour s’y opposer.

En ce moment même, les médias nous submergent avec une avalanche de sarko-anecdotes et de sarko-rumeurs, alors que :

- le contrat de travail traditionnel du droit français risque de cesser bientôt d’exister pour laisser la place à la « flexisécurité » importée de cette Europe dont de nombreuses règles, écrites ou tacites, s’imposeront aux Français après la signature du nouveau Traité Européen ;

- le contenu du Traité de Lisbonne reste inconnu de la grande majorité des Français, mais il semble être prévu que, suite à la décision du Conseil Constitutionnel du 20 décembre, le Parlement approuve début février, très rapidement, la révision de la Constitution française nécessaire à la ratification de ce Traité ;

- de nombreuses lois votées depuis juillet dernier, ainsi que des décrets discrètement promulgués, entrent progressivement en application ;

etc... La « transversalité » et les « consensus discrets » aidant.

D’autres sujets qui avaient incontestablement préoccupé les citoyens paraissent définitivement enterrés. Par exemple, la nécessaire réforme de la justice. Non pas dans le sens des « lois Clément » de 2006-2007, ni d’une suppression progressive de l’aide juridictionnelle, mais dans celui des conclusions avancées par la Commission d’enquête parlementaire sur l’affaire d’Outreau et des critiques exprimées par de nombreux citoyens. Quant aux délocalisations, qui à présent peuvent même toucher Dassault et d’autres industries traditionnellement considérées « de pointe »...

Mais de ço qui calt ? Qui s’en soucie, au milieu d’une pluie incessante de ragots médiatiques et d’un lavage des cerveaux permanent ?

 
De ço qui calt ?
quicalt@yahoo.fr
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(Version diffusée le 16 janvier dans le réseau Indymédia)

Thursday January 17, 2008 - 09:56am (CET) Permanent Link | 0 Comments
Histoires de Sarkozy, de caganers et de cagaires

 
Nicolas Sarkozy a été sacré caganer (chieur) par une entreprise artisanale catalane, à l’occasion des Fêtes de Noël et du Nouvel An. Le caganer, figure traditionnelle des crèches catalanes, nous apporte encore un symbole de la fibre que l’on appelle couramment « people » de la nouvelle Présidence de la République Française. Ce « nouveau style », avec un cocktail d’affaires « diverses » jusqu’à la surmédiatisation autour de son ex-épouse Cécilia ou de Carla Bruni, contribue fort efficacement à étouffer le débat sur les véritables enjeux stratégiques dont dépend l’avenir des Français.

 
Je ne vous dirai pas quelle a été ma réaction à la lecture d’une dépêche récente diffusée par Cyberpresse, ainsi que par La Presse et par Le Soleil, intitulée :« Les confidences de Cécilia Sarkozy étalées au grand jour ». Le catalan qu’était Isaac Albéniz n’aurait pas manqué de remarquer la portée involontaire de ce lapsus qui désigne l’ancienne épouse de Nicolas Sarkozy par le nom de « Cécilia Caganer-Albeniz ». Quelques semaines plus tôt, l’actuel Président français avait eu droit à une notoriété inattendue dans les crèches de Noël catalanes, en tant que caganer.

Le mot catalan caganer désigne, dans le langage courant, celui qui chie souvent. Il dérive du verbe occitan – catalan – castillan – galicien – portugais cagar, provenant à son tour du latin cacare (caco, cacas, cacare, cacavi, cacatum). Un mot catalan – occitan proche est cagaire, par lequel on désigne dans les Baléares une variété de corbeaux marins (cormorans). Ce dernier symbole pourrait fort bien convenir à la sarko-agitation et à la sarko-médiatisation auxquelles on assiste depuis quelques mois et qui, en tout cas objectivement, ressemblent fort bien à une opération de brouillage qui dévore littéralement les médias. Pendant qu’on parle des « affaires diverses » de Nicolas Sarkozy, on oublie trop souvent de discuter de la politique du Président de la République. Et à supposer que l’Elysée n’y soit pour rien, force est de constater qu’il ne semble rien faire pour s’y opposer.

En ce moment même, les médias nous submergent avec une avalanche de sarko-anecdotes et de sarko-rumeurs, alors que : a) le contrat de travail traditionnel du droit français risque de cesser bientôt d’exister pour laisser la place à la « flexisécurité » importée de cette Europe dont de nombreuses règles, écrites ou tacites, s’imposeront aux Français après la signature du nouveau Traité Européen ; b) le contenu du Traité de Lisbonne reste inconnu de la grande majorité des Français, mais il semble être prévu que, suite à la décision du Conseil Constitutionnel du 20 décembre, le Parlement approuve début février, très rapidement, la révision de la Constitution française nécessaire à la ratification de ce Traité ; c) de nombreuses lois votées depuis juillet dernier, ainsi que des décrets discrètement promulgués, entrent progressivement en application ; etc... La « transversalité » et les « consensus discrets » aidant.

D’autres sujets qui avaient incontestablement préoccupé les citoyens paraissent définitivement enterrés. Par exemple, la nécessaire réforme de la justice. Non pas dans le sens des « lois Clément » de 2006-2007, ni d’une suppression progressive de l’aide juridictionnelle, mais dans celui des conclusions avancées par la Commission d’enquête parlementaire sur l’affaire d’Outreau et des critiques exprimées par de nombreux citoyens. Quant aux délocalisations, qui à présent peuvent même toucher Dassault et d’autres industries traditionnellement considérées « de pointe »... Mais de ço qui calt ? Qui s’en soucie, au milieu d’une pluie incessante de ragots médiatiques et d’un lavage des cerveaux permanent ?

 
De ço qui calt ?
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(Article soumis à Agoravox le 13 janvier 2008)

Sunday January 13, 2008 - 10:24pm (CET) Permanent Link | 1 Comment

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